29 août 2010
Déménagement, et pourtant nous ne sommes pas le 01 juillet.
Sousunpissenlit déménage ici
Nouvelle plateforme, nouvelles aspirations, regain d'énergie,
25 février 2010
J'invente la piscine
J’invente la piscine est un roman envoûtant. Lu deux fois. Je l’ai d’abord laissé reposer une première fois, histoire de le laisser vagabonder un peu en moi.
(J’aime ce mot, d’ailleurs :vagabondage.)
Il a donc vagabondé une première fois. Et c’est tout naturellement qu’il est revenu se poser une seconde fois entre mes mains. D’ailleurs, je crois qu’il vagabonde encore.
Je suis jalouse. Jalouse de l’écriture. Au détour d’un point, d’une virgule, et même d’une nano-seconde de virgule, des mots attendent, patiemment, de vous renverser.
Jérôme Rebecca, grand cinéaste, retrace sa vie, via le journal intime qu’il tient depuis ses 9 ans.
Il se remémore ces moments en compagnie d’une journaliste qui projette d’écrire sa biographie. Lors de ces échanges, le cinéaste revit son passé, et devient le spectateur un peu nostalgique de ces moments.
Grandir auprès d’une mère sans amour, grandir dans le secret d’un père disparu, grandir sans mots d’amour, grandir dans les silences remplis de colère.
Mais grandir quand même et devenir quelqu’un.
L’ émotion est présente sans pour autant être dans l’épanchement. Pas de sentiments exacerbés, pas de mièvrerie ou de larmes faciles, le chagrin est latent, l’émotion est subtile.
Jérôme Rebecca adulte, homme vieillissant m’est apparu identique au jeune homme qu’il était. Certes l’articulation du langage n’est pas la même, la prestance aussi. Ce qui n’a pas changé, c’est ce regard sur sa mère. Jamais de reproches, jamais de jugement dans son journal intime. Ni maintenant. Jamais de larmes, juste des questions, juste de l’observation et quelques ébauches de ressentis.
La mère de Jérôme est un être tout en souffrance et n’est pas vraiment une adulte. En général, plus un adulte pleure, plus un adulte reçoit de lourdes cargaisons de silence, moins il devient responsable. Selon les évaluations scientifiques de ma cousine, qui est une vraie scientifique de l’esprit humain, les adultes confirmés, qui ont fini leur apprentissage d’adulte, se réfugient dans leur chambre le soir pour régler tous leurs problèmes. Quand un adulte multiplie les crises ou laisse des traces de pleurs un peu partout dans la maison, comme une bête traquée qui ne sait plus où aller se cacher pour souffrir, cela indique que le long processus de l'adulterie n'a pas encore pris fin.
À la fin du roman, lorsque le secret se fissure, un écho se crée : elle se retrouve dans la chambre de son fils. Les pleurs ne s’éparpillent plus dans la maison, un processus commence dans la chambre de Jérôme. Le silence éclate par les mots et par les pleurs. Mais l’adulte ne se forme toujours pas.
Jérôme relate le monde, son journal est un moyen pour lui de matérialiser les paroles qu’il ne reçoit pas et n’échange pas avec sa mère. En ce sens, J’invente la piscine a presque la tonalité d’un film documentaire, voire scientifique. Les faits, les êtres sont exposés et c’est dans l’exposition de leur nature qu’ils marquent le récit de leur empreinte. C’est aussi là que naît la subtilité de la narration, et qu’elle transfigure le récit.
Ma lecture s’est déroulée comme une bobine, comme si j’étais au cinéma, confortablement installée dans des fauteuils rouges, le silence brisé pas le ronronnement du projecteur. Des fragments de vie défilaient sous mes yeux, et je pouvais même deviner le souffle qui les reliait.
Un souffle, un entre-deux où l’écho et la puissance de l’écriture se créent.
J’invente la piscine, Bertrand Laverdure, éd. la courte échelle, 2010, 144 pages.
Petit instant « pas rapport »
Le personnage de la journaliste m’a profondément agacé, son attitude, ses questions, son obséquiosité, ses interprétations, etc, et en lisant, un souvenir s’est imposé à moi : la journaliste était celle d’un cours de philo et surtout celle d’un texte (je ne me souviens plus de l’auteur, bien évidemment), qui qualifiait les journalistes de « masse grouillante et rampante ». Alors si quelqu’un sait de quel texte il s’agit, référence, auteur, je suis toute ouïe ;-
22 février 2010
Thierry Dedieu "meurt, mais écrit encore"
J'aime Dedieu!
Non au conformisme, non aux diktats. Non aux éditeurs qui se fourvoient.
Je vous invite à lire Thierry Dedieu ici. Dedieu, auteur, se meurt.
Je "copie/colle", et réarrange tout de même un peu, mon commentaire posté sur son blog.
Les temps changent, et les éditeurs aussi. Finalement, le "discours" éditorial soi-disant littéraire n'est souvent plus qu'un élément hautement volatile. Pire, il faut rentabiliser avec des produits dérivés, faire son livre de Noël bien mignon, dégoulinant de "bonnes valeurs" mais attention, le tout sans tomber dans le quétaine.
Et surtout, surtout, il ne faut pas que les textes soient trop complexes. La qualité graphique doit être inexistante, se mêler aux autres Tchoupi, Pipo, Caillou et consorts. Et il y en a beaucoup. Trop même. Je refuse ce trop.
Non au conformisme, non aux diktats. Non aux éditeurs qui se fourvoient.
Cet aspect de l'édition est de plus en plus présent et me décourage profondément. Auparavant je m'indignais, maintenant je me décourage. Triste, non?
Mais me voilà à nouveau indignée. Il y avait longtemps. Trop longtemps. Le découragement ne me va vraiment pas
En lisant votre billet, je suis restée consternée, plate dans mes émotions.
Puis je me suis souvenue de vos livres, ou plus exactement, des instants de lecture que vous m'avez procuré.
Je me rappelle des frissons, des étonnements, des rires, des silences, de l'émerveillement face à vos illustrations. La fascination que me procurent vos illustrations, ah lala, je suis très jalouse, vous savez? Talent et éclectisme...
Je me rappelle de ma voix qui s'étrangle à chaque fois que je finis de lire Yakouba à un client. Oui, Yakouba me fait cet effet là. La beauté me fait souvent ça.
Je me rappelle Zoo, Tatsu, Clown triste et les autres.
Je me rappelle aussi de cet étonnement si joyeux et si voluptueux à ne pas pouvoir vous "caser".
Je me rappelle des petits cris de joie (bon, ok, des grands cris) lorsque vos nouveautés sont à peine déballées.
Je me rappelle des lectures que mes collègues et moi faisions, et faisons encore, ensemble de vos albums. Cet ensemble là est important.
Je me rends compte qu'il y a beaucoup de "rappelle" dans ma note. Je ne veux pas juste me rappeler.
Je me vois vous lire longtemps, très longtemps. Et si pour ça je dois vous donner un rein, ou même un poumon, ma carte de donneur est déjà signée.
Ou alors je deviens éditrice?
On se lance ensemble, hein Maeli et les autres?, on édite Dedieu, comme cela je garde un de mes poumons. C'est plus pratique pour courir et lire à perdre haleine
09 février 2010
Le pissenlit se transforme peu à peu en pisciniste
Ma mère m'aime peu. Ou pas. Ou elle ne sait pas et c'est pareil. Indécise. Distante. Un amour de pincée de sel dans un bouillon immense. Une louche d'attention dans la plus grosse piscine de Montréal. Je n'invente rien. C'est toujours difficile de s'avouer ça.
Quoi que je fasse, quoi que je dise, je suis perdant. Ce n'est pas ce que ma mère me dit ou insinue qui me chagrine. Ce qui me chagrine c'est plutôt ce qu'elle ne laisse pas traîner comme phrases horticoles. Ces phrases que l'on fait pousser dans notre jardin pour mieux aimer les autres, nous aider à les aimer. Ce qui me chagrine, c'est qu'elle ne me donne pas beaucoup d'indices de son amour.
J'invente la piscine, Bertrand Laverdure, éd. la courte échelle, 2010, 145 pages.
08 février 2010
"Un Taré est immortel. Il ne peut être tué que par ses propres manipulations"
Malaise. Dérangeant. Hors normes. Tel est Le triomphe du singe araignée, de Joyce Carol Oates.
Cette histoire où se mêlent, ou plutôt s'entrechoquent plusieurs voix, est celle de Bobbie Gotteson: un meurtrier, un psychopathe. Et un musicien. Curieux mélange? Non, car tout est propice à l'explosion de la folie.
Oates s'est librement inspirée de Charles Manson,nous dit la quatrième de couverture.
On précise aussi que ce texte dérangeant et inclassable, qui mêle monologue, dialogues et récit à la troisième personne, (...) met en dérision la fascination populaire et médiatique qu' éveille la prétendue psychologie du meurtrier, puisqu'il y a quelquechose dans la Machette qui nous excite tous".
J'apprécie moyennement les quatrième de couverture. Mais ce qui m'agace encore plus ce sont ces 4e qui dévoilent ou encore se chargent d'expliquer aux lecteurs le sens du livre qu'ils s'apprêtent à lire. Lorsqu'une quatrième de couv se charge de faire du sens, elle en dit trop, elle dit mal, souvent, et elle sape l'intelligence du lecteur quelque part, non? (son interprétation aussi).
Et ici, je ne suis pas d'accord avec ce qui est dit, car ce texte traite, à mon avis, d'autre chose que de la dérision de la fascination populaire et médiatique qu'éveille la prétendue psychologie du meurtrier.
Bobbie Gottesion, le Taré, est persuadé de son génie, il se considère comme un musicien incompris, et plonge avec délice et naturel dans le meurtre. Il est "a mass murder". Et il est terrifiant. Que cela soit par les dialogues, monologues ou les récits à la troisième personne, l'effet est le même: la mise en perspective est celle du meurtrier, une immersion dans la folie de Gotteson. Pas d'explications psychologiques, juste des faits bruts, et surtout des fragments de sa folie. Une folie qui passe par la parodie. Bobbie Gottesion est un personnage tragique, si tragique que la parodie naît. La frontière entre les deux est mince.
Bobbie Gotteson, un meurtrier, une parodie de lui-même.
Une parodie, mais une parodie qui est l'expression de son existence tellement tout ceci est inconcevable. Ce qui n'entre pas dans une logique, dans un raisonnement, ce qui nous semble humainement et intelligemment impensable, devient une parodie, car ce "trop" ne peut faire sens. Ne peut être de l'ordre de l'humain. Et pourtant. Là est le malaise.
Oates dit de Gotteson: In Bobbie Gotteson's words, the music of the drama, and perhaps of all
art, is simply a way of trying to disguise something so humanly sad it
can't be expressed in any other. Pour en savoir plus, vous pouvez lire ici, ce que Oates ajoute à propos du Triomphe du singe araignée.
Cette lecture est un moment dérangeant que la narration met en exergue. Le mélange des voix narratives est le miroir de cet esprit terrifiant. Bobbie Gotteson est partout, il est dans le récit, dans les mots, mais aussi dans la structure narrative, dans ce mélange de voix brillamment orchestré par Oates.
Du grand art.
Il m'a fallu refermer le livre régulièrement pour pouvoir replonger. Une lecture apnée.
( Si la quatrième de couverture m'a singulièrement fâchée, je le fus encore plus p.87 avec une erreur énorme sur un participe passé. Je vous laisse le soin d'aller la chercher et de vous énerver avec moi..)
Le triomphe du singe- araignée, Joyce Carol Oates, trad. par Claro Les Allusifs, 128 pages.
02 février 2010
Lire les histoires et lire le réel: lire la vie
Entrer dans Le livre des choses perdues, c’est entrer dans une histoire dont le tapis de mots se déroule sous vos yeux avec une fluidité et une acuité telles que lire devient une urgence.
Voici un roman tout simplement parfait.
La trame de l’histoire n’est pas nouvelle. Et pourtant.
Le jeune David, 12 ans, perd sa mère et lorsque son père se remarie, les histoires, les livres, deviennent plus que jamais son refuge et son unique réconfort. Lorsqu’il bascule dans un monde inconnu et se retrouve aux prises d’un homme étrange et inquiétant, l’Homme Biscornu, sa vie ne s’en trouve pas changée, non, car les épreuves l’amènent à voir les choses différemment et à grandir, plus vite.
Oui, l’histoire n’est pas nouvelle. Mais, ici, John Connolly transcende la trame traditionnelle du « jeune héros perdu qui trouve dans les histoires, et les épreuves, la force de vivre ». Il a en effet une façon bien à lui d’amener les personnages, leur histoire personnelle, leur tragédie. Il ne laisse pas le lecteur entrer de plein fouet dans l’univers fantastique: le chemin emprunté pour s’y rendre est important, il fait partie de l’histoire, il est aussi l’histoire. De plus, il cadre le récit dans une Angleterre en guerre, faisant face aux assauts des nazis ; il s’agit donc d’un cadre inhabituel et qui apporte une saveur particulière à l’histoire.
Connolly a créé un univers fantastique inquiétant, sombre et tragique où l’on croise des personnages de contes bien connus mais qu’il a remanié à sa façon. Blanche-Neige, le petit chaperon rouge, Hansel et Gretel, etc, sont des plus glauques et pourtant des plus fascinants.
Il amène ainsi une atmosphère sans pareil, où rien n’est simple, et où les épreuves sont affichées comme telles : des épreuves exemptes de facilité où la mort et la souffrance s’affichent sans fard.
Le jeune David crée sa propre histoire, il va ainsi grandir, survivre et vivre. À plusieurs reprises, ses lectures vont l’aider à surpasser les ennuis et les épreuves rencontrées dans ce monde fantastique, et ce plus qu'elles ne l'ont aidé à faire face au deuil de sa mère.
Il comprend ainsi ce que disait sa mère à propos des histoires, "Il se rappelait tout ce qu'elle lui avait raconté sur les histoires et les légendes, et le pouvoir qu'elles exercent sur nous, et le pouvoir que nous exerçons sur elle". Les histoires transfigurent et transforment, mais ce qui importe vraiment c'est l'action du lecteur, ce qu'il se décide à faire de lui.
Son expérience au sein de ce monde étrange va l’aider à accepter la vie avec son lot de bonheurs, de peurs, et de douleurs. Le message, souvent récurrent en littérature jeunesse, "les histoires guérissent" ne s’affichent pas comme tel. Les histoires ne sont pas des ersatz de vie, ne sont pas des remèdes : elles ne cherchent pas à guérir, encore moins à nier, ou à amoindrir la souffrance. Il n’est pas question ici d’exaltation de celle-ci, mais plutôt de l’afficher, l’accepter pour appréhender la réalité et ne pas vivre uniquement dans un monde d’images et d’idées. Connolly va ainsi nous présenter plus tard dans le roman un David vieillissant, pour qui les histoires restent importantes, mais qui accepte la réalité, dure et belle à la fois, car c’est elle qui est véritablement à vivre.
John Connolly offre une histoire surprenante et envoûtante. La narration est enlevée, intelligente et donne à lire un univers à part entière qui, malgré l’aspect "déjà-vu" de la trame, sonne comme une nouveauté aux oreilles du lecteur.
Voici une histoire où j’ai plongé avec délices, avec frissons et de laquelle j’ai émergé avec regret, car il est difficile de quitter une telle voix.
Un roman, une voix, où le pouvoir des histoires s’affirme mais aussi le pouvoir du lecteur sur elles et sur sa vie.
Le livre des choses perdues, John Connolly, trad. Pierre Brévigon, éd. l' Archipel, 29.95$
22 janvier 2010
Lire et regards avec Daniel Sylvestre
J'ai décidé de vous présenter, sommairement ou....selon mon humeur, au moins 2 fois par mois des illustrateurs. Et autant que faire se peut, vous faire découvrir des artistes québécois.
J' avais déjà parlé d'Iris, bédéiste dont je suis terriblement jalouse. Cette fois allons-y avec Mr Waouh, rien de moins.
Qui est monsieur Waouh? Il s'agit de Daniel Sylvestre.
J'ai découvert son travail avec Puce, de Elise Turcotte. Et j'ai tout simplement été impressionnée. Très impressionnée. Dans l'ensemble de l'illustration québécoise en littérature jeunesse, Daniel Sylvestre est un souffle nouveau, il est polyvalent, n'évolue pas dans un registre unique. Et surtout, il interpelle le regard, le frappe, ne l'installe pas dans un schéma. D'autant plus que Puce est un tout-carton, et que, bien souvent, ce format se voit confiné à la mièvrerie, au conventionnel et à de nombreux stéréotypes. Cette série est tout simplement magique car elle est lumineuse, poétique. Avec Elise Turcotte à l'écriture, cela n'est pas étonnant!
D'ailleurs à quand de nouveaux Puce? Peu d'éditeurs québécois se lancent dans le tout-carton. On a vraiment besoin d'autre chose que Caillou, Cajoline et consorts!! (petit bémol pour Puce, les couleurs déteignent).
D.Sylvestre est en effet loin des images lisses, confortables, faisant parties
d'un "déjà vu", du conventionnel, et ce même dans ses oeuvres dites plus "classiques" dans le traitement de l'image, comme la série Notdog de Sylvie Desrosiers, ou encore les Zunik ( Bertrand Gauthier).
Pour moi, il y a surtout son travail avec les romans ados Ma vie de reptile, de Sylvie Massicotte, Ophélie, de Charlotte Gingras et dernièrement Rose, derrière le rideau de la folie avec Elise Turcotte, un album de poésie.
Ici, le travail entre illustrateur et auteures témoignent d'une véritable symbiose. L'univers littéraires devient ici encore plus palpable.
Prenons Ophélie. Ophélie déambule à travers la ville, la marque de ses graffitis, et ce toujours accompagnée de son petit carnet bleu, un carnet d'écriture, son oxygène. La jeune fille est mal dans sa peau, mal dans le monde, mal avec les autres. Elle est mal, tout court. Jusqu'au jour elle es trouve un endroit à elle, un endroit qu'elle va devoir partager. Un endroit où elle va commencer à faire, ou plutôt à créer des liens.
Il y a un grand roman, et cela outre mon admiration sans bornes pour Charlotte Gingras dont j'ai déjà parlé ici, mais il y aussi la façon de rentrer dans ce livre, la façon dont l'illustrateur exploite l'univers littéraire et le fait ressortir.
Lire c'est sentir, ressentir. Les illustrations de Daniel Sylvestre retranscrivent l'univers intérieur du personnage: le désarroi d'Ophélie face à elle-même et face au monde qui l'entoure. Entre les coups de crayons faussement hagards, les mains tatouées, les photographies déstructurées, esseulées, les graffitis, les cris grisonnants du crayon, le lecteur entre littéralement dans l'univers d'Ophélie, jeune fille rêvant d'avoir un endroit à elle, loin de tout, loin des autres surtout et du bruit.
Ce roman est une pure merveille, Sylvestre met en image la force de l'écriture de Charlotte Gingras: entre cri de désespoir, fragilité se dessine la force des mots et des êtres. Les images ne complètent pas le roman: elles sont le roman, elles l'incarnent.
Petit mot rapide sur Ma vie de reptile: ce roman est tout simplement hallucinant, quasi-psychédélique. Suite à
une chute, un jeune garçon se retrouve à l'hôpital, dans le coma, il s' identifie à un reptile et entame un dialogue avec...une araignée. Un roman intelligent, surprenant, et bien entendu, aux illustrations fascinantes. Une histoire où l'on se laisse dériver avec bonheur
Lire c'est aussi voir, regarder et apprendre à regarder.
Série Puce, Elise Turcotte, Daniel Sylvestre, éd. la courte échelle, (tout-carton)
Série Zunik, Bertrand Gauthier, Daniel Sylvestre, éd. la courte échelle (albums)
Notdog, Sylvie Desrosiers, Daniel Sylvestre, éd la courte échelle, coll. Roman jeunesse, série Notdog, 368 pages, 13,95$. rééd.
Ma vie de reptile, Sylvie Massicotte, coll Mon Roman, série Hors série, 64 pages, 9,95$
Ophélie, Charlotte Gingras, Danuiel Sylvestre, éd. la courte échelle, coll. Hors collection, série Hors série, 264 pages, 19,95$
- Finaliste, Prix Alvine-Bélisle 2009
- Prix du livre jeunesse des bibliothèques de Montréal 2009
- Finaliste, Prix du Gouverneur général du Canada, littérature jeunesse (2008)
- Finaliste, Prix Wallonie-Bruxelles (2008)
- Deuxième Prix de la Société Alcuin, qui récompense le design de livres canadiens, dans la catégorie livre jeunesse remis à Daniel Sylvestre (2009)
Rose, derrière le rideau de la folie, Elise Turcotte, Daniel Sylvestre, éd. courte échelle, coll Poésie, Série Hors série, 48 pages, 16,95$
Plus d'infos sur le site de la courte échelle.
Il me semble avoir vu lors de mes pérégrination sur la toile que Daniel Sylvestre avait un site internet. Il est à ce jour introuvable. Alors soit je l'ai rêvé, soit il est en reconstruction, soit à venir (et dans ce cas, je suis médium ;-))
08 janvier 2010
Lorsque Södra Visunda flotte dans l'air
"Lorsque la neige a posé son cahier à croquis dans la nature, c'est le moment d'aller chasser un lièvre pour Noël."
Difficile de me sortir de l’atmosphère si envoûtante de La vie commence.
Alors je vous en dis un peu, mais pas trop.
Je n’aime pas les résumés. Ce que j’aime lorsqu’on me parle d’un livre, c’est en avoir un aperçu, c’est en avoir un mot qui se transforme en une porte entrouverte d’où s’échappe une musique, une lumière, une odeur, une idée.
Nous sommes ici à Södra Fisonda, campagne suédoise. Une jeune fille, aux noms multiples, à l’identité et à la personnalité maganée, fait irruption dans le quotidien de Victor, Brigitte et Gustavo.
C’est plus que leur quotidien qui s’en trouve bouleversé.
Les personnages sont hauts en couleurs : une jeune fille blessée par la vie, une ex-cantatrice, un italien exilé en Suède, et un jeune homme, à la fois garçon de ferme et étudiant en philosophie.
La vie commence est une marche dans la neige, une caresse dans le pelage bouclé des brebis.
Ce livre c’est un peu comme une fenêtre prise par le givre, une fenêtre embuée, sur laquelle, du bout des doigts, le lecteur se dégage un espace pour y poser son œil, et observer la vie qui se déroule dehors.
L’écriture de Stefan Casta est d’une subtilité rare, elle est de celle où la moindre description du quotidien devient un enchantement, un moment magique. Nous ne sommes pas ici dans des fioritures pompeuses, non, nous sommes dans les mots familiers de Victor. Dans sa voix.
C’est aussi cela lire: entendre une voix. Peu importe sa langue, son langage, la voix transcende les pages, les mots.
Vous savez quoi ? J’ai envie d’apprendre le suédois, de lire en suédois, de lire à haute voix cette histoire.
J’ai encore l’impression que des sons et intonations inconnus flottent autour de moi.
C’est aussi cela lire.
La vie commence, Stefan Casta, trad. par Agneta Segol, Thierry Magnier.
04 janvier 2010
Bulles de mots
Des bulles, des bulles et encore des bulles.
Voilà ce que nous propose David Bessis avec Ars Grammatica
Publié par les superbes éditions Allia, ce petit livre nous propose des errements d'idées, de mots, d'émotions reliés les uns aux autres sous forme de bulles.
Ici forme et fond sont inextricables, le sens découle littéralement de ces bulles qui mettent vos neurones et vos pupilles en ébullition.
Lhasa Del Sela
Une pensée douce et lisse comme un galet poli par sable pour Lhasa

